La coquille St-Jacques, le produit de la baie.

coquilles-saint-jacquesEn hiver quand se présentent les grandes marées, nous allons chercher à pied quelques coquilles St-Jacques. C’est l’occasion de faire le plein d’iode et d’air frais.

Les diverses plages de Plouha se prêtent parfaitement à la pêche à pied, en ces périodes de forts coefficients, la mer se retire fortement et l’étendue de sable est une immense aire de pêche.

Alors, on prélève dans le sable les palourdes, les praires, les couteaux. Dans les mares on trouve des crevettes, du bouquet, sous les algues des crabes (dormeurs, étrilles, crabes verts) parfois des homards, cela fera partie sûrement d’un autre article.

Ceux qui désirent se promener et apprécier l’air vivifiant rien ne vous empêche de ramasser des coquilles Saint-Jacques (attention à la taille 10.2cm) en revenant avec la marée montante, vous allez voir celles-ci sortir du sable (elles s’enfouissent à marée basse et ressortent du sable à l’approche de l’eau qui monte), ramassez-en au moins une et ouvrez-la, puis avec délicatesse retirez les bardes et l’intestin, à ce moment vous aurez la noix, l’or blanc du pays, n’hésitez pas à la déguster crue, c’est que du bonheur.

Des vacances d’automne à la fin de l’hiver, la baie donne les meilleures coquilles Saint-Jacques au monde. La particularité de la baie de St Brieuc est sa profondeur, ce qui entraîne une certaine fraîcheur. A cette période de l’année, la coquille Saint-Jacques ne produit pas son corail (futur œufs) ce qui conserve à la noix tous ses oligo-éléments, une sapidité qui fait la typicité de la coquille de cette baie, plus tard au printemps ou un peu plus tôt quand l’hiver est doux, un léger corail apparaît, au début c’est de la laitance, quand la pêche s’arrête qu’il est interdit de la pêcher, le corail grossit et la laitance se transforme en un millier d’œufs qui seront expulsés en fin d’été.

Certaines personnes vous diront que le corail est bon. Oui, pour lier une sauce, et « faute de grives on mange les merles » ou cela fait de la couleur, chère la couleur. Chez nous, le problème ne se pose pas la coquille est pêchée, quand il n’y en a pas…

Le goût de cette noix de coquille Saint-Jacques est subliminal, légèrement sucré, peu iodé, cela lui concède une certaine douceur, la subtilité d’un léger arôme noisette lui confère un charme incomparable.

Une fois rentré de votre pêche ou tout simplement du marché ou de chez le poissonnier, plusieurs possibilités s’offrent à vous pour les déguster. Crue, marinée, cuite… Votre choix est fait ! Alors, je vous suggère une recette toute simple pour l’apéritif. Préchauffez votre four position « grill », retirez le capot de la coquille, glissez une lame très fine sur le côté gauche de la coquille, il y un interstice, raclez le capot, la coquille s’ouvre, puis avec la pointe d’un couteau saisissez-vous de la poche noire (intestin), tirez délicatement afin d’enlever tout sauf la noix. Placez une noisette de beurre demi/sel sur la noix, une pincée de piment d’Espelette, mettez au four très proche du grill, 1 minute (suivant la chaleur du four), sortez et dégustez en buvant un bon cidre ou un vin blanc frais et gouleyant ; vous m’en direz des nouvelles. Si, non, je reste à votre disposition pour vous raconter plein de recettes de coquilles Saint-Jacques de la Baie de St Brieuc.