Histoire sur le Guily Bœuf

Porte du guilyboeuf XVe siecle
Porte du guilyboeuf XVe siecle

A première vue rien n’indique la richesse patrimoniale du lieu. C’est le jalonnement de faits historiques qui nous raconte une belle histoire. Pas facile d’être clair sur le passé, les écrits sont peu nombreux. Et le peu d’historiens qui se sont penchés sur le Guily Bœuf ne fournissent pas les mêmes données. Ce qui est certain, c’est la présence des Le Bœuf en 1429 à Plouha ; peut-être que les premières pierres sont posées vers cette date, et comme Paris, le manoir ne s’est pas fait en un jour… Pourquoi Manoir ? C’est le lieu d’habitation d’un seigneur.

Après les guerres de ligue, le pouvoir a anobli des personnages ayant pour la plupart participé à des faits d’armes. Ils se sont vus octroyer des pouvoirs, des terres, des biens. En contrepartie, ils s’engageaient à contenir la population sous un joug drastique afin d’en soutirer des richesses.

Le Bœuf le plus marquant est Ollivier Le Bœuf, seigneur du Guily en Plouha. Il participe avec son fils Pierre à une montre (cérémonie organisée par les seigneurs pour montrer leur puissance) à St Brieuc fin 1479. Là, il se présente en tant qu’archer, il est habillé d’une brigandine et reçoit 30 livres de rente. Il devait être un sacré archer car les moines de l’abbaye de Beauport ont reçu cent livres…

Après, les Le Bœuf se succèdent et, par héritage, c’est le marquis de St Pierre Auguste Bonnable de Méréhenc qui en fait l’acquisition au 2/3 du XVIIIème siècle. Ce personnage fait la guerre en Amérique aux côtés du marquis de La Fayette, il en sortira décoré de l’ordre de Cincinnati. Migrant en Angleterre, il devient jardinier. En Bretagne, les républicains vendent le bien d’Auguste Bonnable Méréhenc l’immigré. La vente a lieu le 8 brumaire de l’An III (29 octobre 1794). Le manoir est partagé en cinq métairies. J’ai beaucoup de mal à lire les textes révolutionnaires pour savoir qui a acheté. Pendant un temps, j’ai cru une visiteuse qui me disait être parente par alliance avec les descendants de l’acheteur, qui avait été guillotiné à la terreur. Le nom de son aïeul est l’un des signataires des documents de la vente mais ce nom est celui du président de la municipalité, il meurt de vieillesse à Paimpol ; à suivre…